Zaz : une renaissance musicale et personnelle à l’aube de son sixième albumSinon, je serais morte" : Zaz fait de rares confidences sur ses démons  passés - Voici

Après plusieurs années loin des projecteurs, Zaz signe un retour puissant et émouvant avec la sortie prochaine de son sixième album studio, prévu pour le 19 septembre. Une œuvre profondément intime dans laquelle l’artiste se livre comme jamais, mettant à nu son passé, ses blessures, ses victoires personnelles, et surtout, son combat contre les addictions. Dans un grand entretien accordé au Parisien le 11 juillet, la chanteuse revient avec franchise sur les moments sombres qui ont jalonné sa vie, mais aussi sur sa transformation intérieure et artistique.

Une carrière fulgurante, mais exigeante

Depuis la sortie en 2010 de son emblématique tube Je veux, Zaz s’est imposée comme l’une des figures incontournables de la scène musicale francophone. Avec plus de cinq millions d’albums vendus à travers le monde – en France bien sûr, mais aussi en Allemagne, en Autriche ou encore en Suisse – elle a conquis un large public, grâce à sa voix singulière et à une énergie débordante sur scène. Pourtant, derrière les sourires et les tournées à guichets fermés, l’artiste a traversé de nombreuses épreuves.

Discrète dans les médias, Zaz a pourtant surpris ses fans il y a quelques mois en apparaissant dans la quatorzième saison de The Voice, en tant que coach. Elle y a partagé les célèbres fauteuils rouges avec Vianney, Florent Pagny et Patricia Kaas – une expérience enrichissante, même si, en coulisses, des tensions auraient émergé entre les deux chanteuses. Mais fidèle à elle-même, Zaz ne s’est pas attardée sur les frictions. Ce qui compte aujourd’hui pour elle, c’est l’essentiel : la musique et la vérité.Zaz brise le silence sur la Palestine : "Je suis et serai toujours du coté  des opprimés"

Un album miroir d’une transformation

Ce sixième opus, qui verra le jour à la rentrée, est bien plus qu’un simple disque. C’est le reflet d’un cheminement personnel, d’une introspection profonde. “Je ne me suis jamais autant investie”, confie Zaz au Parisien. “Après tout ce que j’ai traversé, je suis plus à l’écoute et respectueuse de moi.” Ces mots résonnent comme une déclaration de renaissance.

Dans cet album, la chanteuse n’a pas cherché à plaire, mais à dire. Dire ce qu’elle a vécu, ce qu’elle ressent, ce qu’elle est devenue. Il s’agit d’un projet viscéral, brut et authentique, à l’image de l’artiste elle-même. Un disque à fleur de peau, où les textes racontent les excès, les doutes, mais aussi la résilience et l’envie de vivre pleinement, en paix avec soi.

Les démons du passé : addictions et autodestruction

L’un des moments les plus marquants de l’interview avec Le Parisien reste sans doute la confession de Zaz sur ses anciennes dépendances. Loin des clichés et des faux-semblants, l’artiste parle sans détour de l’alcool, de la cigarette, et de son rapport à l’addiction.

“Je suis excessive, addict à tout”, avoue-t-elle avec une honnêteté désarmante. “J’ai commencé très tôt, à 13 ans. Quand on vit des choses terribles, il faut une soupape, heureusement que j’ai eu ça. Sinon je serais morte… Enfin, je suis morte plein de fois…” Des paroles fortes qui témoignent d’un passé tourmenté, où les excès servaient d’anesthésiant face à la douleur.

Elle décrit ce qu’elle appelle son “alcool festif”, qui pouvait parfois la rendre ingérable : “Déjà que je suis cash et émotive, je balançais de ces trucs…”. Des débordements qu’elle reconnaît aujourd’hui avec recul, sans se juger, mais avec lucidité. Ces confessions, loin d’être une simple catharsis, s’inscrivent dans une démarche de vérité artistique et humaine.

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Une libération progressive et salvatrice

Mais Zaz n’est plus cette jeune femme en lutte contre elle-même. Il y a cinq ans, un tournant majeur s’est opéré dans sa vie. C’est à travers un jeûne, qu’elle décrit comme une expérience fondatrice, qu’elle a réussi à rompre avec ses addictions. “J’ai tout arrêté, l’alcool, les clopes, le café. J’en prenais sept le matin…”, raconte-t-elle. Depuis, elle a trouvé un nouvel équilibre, plus sain, plus en accord avec ses valeurs et son rythme intérieur.

Cette transformation personnelle s’entend et se ressent dans sa musique. Plus posée, plus ancrée, Zaz propose aujourd’hui un regard apaisé sur la vie, porté par des chansons sincères, lumineuses, mais jamais naïves. Elle ne renie rien de son passé, au contraire. Elle l’embrasse, en tire des leçons, et le transcende en art.

Un message d’espoir pour ceux qui luttent

En choisissant de parler de ses dépendances, Zaz envoie un message fort à tous ceux qui traversent des moments difficiles. Elle montre qu’il est possible de tomber, de se perdre, mais aussi de se relever, de guérir, de se reconstruire. Loin des discours culpabilisants, elle incarne l’espoir d’une seconde chance, le courage d’être vulnérable, la force de dire la vérité.

Son prochain album s’annonce donc comme un tournant, une œuvre de maturité et de renaissance. À 45 ans, Zaz ne cherche plus à plaire ou à séduire : elle veut simplement être elle-même, en paix avec ce qu’elle a été, et tournée vers ce qu’elle devient.

Un retour que ses fans attendent avec impatience – non seulement pour la musique, mais aussi pour la femme qui se tient désormais derrière la voix.

C'est à l'âge de 5 ans que Zaz entre au conservatoire de Tours. 
Elle y apprend le solfège, la guitare, le piano et le violon.