Le monde de l’humour endeuillé : la disparition tragique de Bun Hay Mean bouleverse la scène françaisePaix à son nem", Mort de Bun Hay Mean : Jean-Luc Lemoine a "la gerbe", la blague  qui ne passe pas - Public

La scène humoristique française est frappée d’une immense tristesse. Le jeudi 10 juillet 2025 restera une date sombre dans les mémoires : l’humoriste Bun Hay Mean, plus connu sous le nom de “Chinois Marrant”, a été retrouvé sans vie à Paris. Selon les premières informations relayées par Le Parisien, l’artiste de 43 ans aurait fait une chute mortelle depuis le huitième étage d’un immeuble situé dans le 17ᵉ arrondissement. Une disparition brutale et inattendue qui a provoqué une onde de choc dans tout le paysage artistique.

Une figure incontournable de l’humour français

Bun Hay Mean n’était pas qu’un simple comique. Avec son humour décapant, son autodérision assumée et sa capacité à briser les clichés racistes sans jamais se poser en victime, il avait su s’imposer comme une voix forte et singulière sur la scène française. Né de parents sino-cambodgiens, il jouait brillamment avec les stéréotypes, se servant de son vécu pour créer une connexion directe avec le public, souvent avec un mélange d’acidité et de tendresse.

Durant sa carrière, il avait su se faire aimer tant pour son talent que pour sa bienveillance en coulisses. Nombreux sont les humoristes de la jeune génération qui lui doivent beaucoup. En plus de ses spectacles acclamés, Bun Hay Mean était aussi un mentor, un ami fidèle et un soutien pour les artistes en devenir.

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À l’annonce de sa disparition, une pluie d’hommages a envahi les réseaux sociaux. Personnalités du spectacle, humoristes, comédiens et anonymes se sont exprimés pour saluer la mémoire d’un homme qu’ils décrivent unanimement comme généreux, authentique et profondément humain.

Parmi les témoignages les plus bouleversants, celui de l’humoriste Hakim Jemili a particulièrement ému les internautes. Dans un long message publié sur Instagram, il s’est confié avec une rare sincérité sur l’impact que Bun Hay Mean avait eu sur sa vie, aussi bien professionnelle que personnelle :

« Putain mon frère ! Qu’est-ce que tu me fais là… Je me souviens y a presque 15 ans quand je débutais et que beaucoup me trouvaient ‘nul’… tu les insultais… tu leur disais ‘vous avez le seum parce qu’il est plus drôle que vous’. Alors qu’en vrai je sais que j’étais nul… mais toi, t’avais rien à gagner avec moi, et pourtant tu m’as toujours soutenu. »

Dans ce message intime, Jemili évoque les gestes concrets de son aîné : un soutien financier à une époque où il n’avait rien, des repas partagés, des encouragements sincères, et une joie communicative quand sa carrière a décollé.

« Ta voix va me manquer, tes mots vont me manquer, tes insultes vont me manquer ! Qui va insulter tout mon arbre généalogique maintenant sans que je puisse être vexé ? »

La déclaration se termine sur une note poignante, empreinte d’humour noir, à l’image de leur complicité : “Je t’aime mon ‘si juvabien, je Bun Hay Mean’ et comme tu me le disais systématiquement à chaque fin de discussion ‘InshAllah tu meurs’.”

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Alors que la douleur est encore vive, certains comportements déplacés ont suscité l’indignation. L’écrivain Romain Guérin a publié un message sur X (ex-Twitter) dans lequel il écrit : « Paix à son nem », une tentative d’humour jugée de très mauvais goût par de nombreux internautes.

Cette phrase, perçue comme une attaque raciste déguisée en blague, a profondément choqué. Parmi les voix qui se sont élevées pour dénoncer cette dérive, celle de Jean-Luc Lemoine a particulièrement résonné. L’humoriste et chroniqueur n’a pas mâché ses mots :

« Sérieux ? Donc la décence… Depuis ce matin, je bloque systématiquement tous ceux qui se risquent à faire des vannes douteuses sur un ami qui vient juste de nous quitter. Des vannes qui souvent fleurent bon le racisme ordinaire. »

Cette prise de parole a été saluée par de nombreux internautes, qui appellent à plus de respect, notamment lorsqu’il s’agit de rendre hommage à une personne qui a tant œuvré pour la liberté d’expression, sans jamais tomber dans l’irrespect.

Un vide immense laissé derrière lui

La disparition de Bun Hay Mean laisse un vide abyssal dans le monde de l’humour français. Il ne s’agissait pas seulement d’un artiste à la plume acérée, mais aussi d’un homme profondément généreux, un guide pour beaucoup, une personnalité rare.

Son engagement contre les clichés raciaux, sa manière de transformer les préjugés en matière humoristique, sans jamais renier son identité, avait contribué à ouvrir la voie à une nouvelle forme d’humour, plus libre, plus audacieuse, et surtout, plus représentative de la diversité française.

Alors que les hommages continuent d’affluer, une chose est certaine : Bun Hay Mean n’était pas seulement “chinois marrant”. Il était un cœur immense, un talent fulgurant, et pour beaucoup, un frère d’âme. Son absence laisse le monde du rire orphelin.