Bun Hay Mean : le Chinois Marrant s’en est allé, laissant derrière lui une scène orphelineMort de Bun Hay Mean : quelques instants avant sa chute de 8 étages, sa  story Instagram qui glace le sang - Public

Le monde de l’humour est en deuil. Le 10 juillet 2025, la nouvelle est tombée comme un couperet : Bun Hay Mean, connu du grand public sous le pseudonyme du Chinois Marrant, est décédé à l’âge de 43 ans. Une disparition brutale et tragique, qui a secoué autant ses fans que ses collègues humoristes. À quelques heures de son décès, il partageait encore sur Instagram une story dans laquelle il invitait ses abonnés à venir l’applaudir à Montréal, où il devait se produire à l’Olympia le 11 juillet.

Une fin aussi soudaine qu’incompréhensible

C’est dans le 17e arrondissement de Paris que l’humoriste aurait fait une chute mortelle depuis le huitième étage d’un immeuble. Son agent a confirmé le décès auprès de BFMTV, sans pour autant pouvoir expliquer les circonstances exactes de ce drame. Une enquête est en cours, les autorités n’écartant aucune hypothèse, y compris celle d’un suicide.

Mais l’élément qui intrigue profondément, c’est justement cette dernière story Instagram, diffusée seulement quelques heures avant la tragédie. Pleine d’enthousiasme et d’énergie, elle montrait un artiste motivé, encore plongé dans la promotion de son spectacle, en pleine tournée en France et à l’étranger. Difficile alors de concilier cette image d’un homme engagé dans ses projets avec celle d’un être prêt à mettre fin à ses jours.

Il a chuté d'un immeuble à Paris : l'humoriste Bun Hay Mean, alias "Chinois  marrant", retrouvé mort

Un homme à la sensibilité assumée

Derrière les rires et les punchlines, Bun Hay Mean était aussi un homme d’une extrême sensibilité. En mai 2025, dans une interview à cœur ouvert avec Jordan de Luxe, il confiait avoir été récemment hospitalisé en psychiatrie pendant trois semaines. Avec franchise et humilité, il déclarait :

“C’est chaud, mais ça fait du bien. On m’a déclaré bipolaire. Ça m’a permis de faire un tour de toute ma vie, de ces hauts et bas, de ces up and down.”

Ce témoignage poignant sur sa santé mentale avait touché de nombreux fans. Il montrait une autre facette de l’humoriste, loin des feux de la rampe, mais profondément humaine. Cette transparence sur sa bipolarité soulignait le courage de Bun Hay Mean de briser les tabous et d’assumer ses fragilités.

Une étoile née sur les planches du Jamel Comedy Club

Il a chuté d'un immeuble à Paris : l'humoriste Bun Hay Mean, alias "Chinois  marrant", retrouvé mort

Révélé par Jamel Debbouze, Bun Hay Mean s’était imposé au fil des années comme l’une des figures majeures du stand-up en France. Mêlant autodérision, satire sociale et dénonciation du racisme, ses sketchs percutants avaient conquis un large public. Avec son humour corrosif et engagé, il traitait de sujets souvent sensibles, mais toujours avec une justesse et une finesse redoutables.

Il a su transformer son identité — enfant d’immigrés asiatiques en France — en une force comique unique. À travers le personnage du Chinois Marrant, il désamorçait les clichés raciaux pour mieux les dénoncer. Une démarche saluée autant par le public que par la critique.

Une carrière au-delà de la scène

Au-delà du stand-up, Bun Hay Mean s’était également illustré au cinéma. Il avait marqué les esprits dans plusieurs films à succès comme De l’huile sur le feu, Problemos de Kervern et Delépine, ou encore plus récemment dans Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu, où il tenait un rôle marquant.

Son talent ne se limitait donc pas à l’humour. Il avait su élargir son registre tout en gardant sa singularité, apportant toujours ce regard un brin ironique et profondément lucide sur la société contemporaine.

Une pluie d’hommages

Mort de Bun Hay Mean : l'humoriste “chinois marrant” retrouvé mort après  une chute de 8 étages - YouTube

À l’annonce de sa mort, les hommages ont rapidement inondé les réseaux sociaux. Des anonymes, touchés par ses spectacles, aux personnalités du monde du spectacle, tous saluent la mémoire d’un artiste au talent immense. Plusieurs humoristes, parmi lesquels Blanche Gardin, Thomas Ngijol, ou encore Shirley Souagnon, ont partagé leur peine et leur admiration pour celui qu’ils considéraient comme un frère de scène.

Le public, lui, reste sous le choc. Beaucoup peinent à croire à cette disparition si soudaine. Les messages de tristesse, de gratitude, et de souvenirs partagés fleurissent sur Instagram et X (anciennement Twitter), témoignant de l’impact profond qu’il avait eu sur toute une génération.Mort de Bun Hay Mean : quelques instants avant sa chute de 8 étages, sa story Instagram qui glace le sang

Un vide difficile à combler

Bun Hay Mean laisse derrière lui une œuvre riche et un public orphelin. En mêlant engagement, humour et introspection, il avait su se faire une place à part dans le paysage humoristique français. Sa disparition laisse un vide immense, tant sur scène que dans le cœur de ceux qui l’ont connu ou simplement écouté.

Dans un monde où l’humour est souvent un exutoire, sa voix comptait. Une voix libre, impertinente, sincère — une voix qui nous manquera.