Télé-réalité : Santé mentale des candidats, un enjeu toujours négligé ?Exclu Public : Marianne (Secret Story) internée après l'émission, enquête  sur l'entretien psychologique auquel les candidats sont soumis - Public

Depuis son élimination de Secret Story le 3 juillet 2025, Marianne, l’une des figures marquantes de cette saison, traverse un véritable calvaire. Harcelée en ligne, la jeune femme avoue ne plus oser sortir de chez elle. Pire encore, elle confie avoir envisagé le pire. Cette confession, livrée au blogueur Jeremstar, a fait l’effet d’une bombe. Et pour cause : elle révèle l’envers du décor d’un monde où l’image diffusée à la télévision ne reflète pas toujours la réalité.

« Je ne suis pas celle que vous avez vue à l’écran », affirme-t-elle, bouleversée.

Cette situation a même poussé l’animateur du programme, Christophe Beaugrand, à prendre publiquement sa défense. Un soutien rare, qui illustre à quel point le climat autour de cette saison est tendu, entre accusations de racisme, de harcèlement et pressions psychologiques. Le cas de Marianne interroge donc légitimement : les productions de télé-réalité prennent-elles vraiment la santé mentale de leurs candidats au sérieux ?

Des tests psychologiques… mais de façade ?Secret 2025 - Marianne, intimidée par La Voix ?

Officiellement, chaque candidat à une émission de télé-réalité passe des tests psychologiques avant d’intégrer un programme. Qu’il s’agisse d’une émission d’aventure ou de divertissement en huis clos comme Secret Story, ces tests sont censés garantir que les participants sont psychologiquement aptes à vivre cette expérience hors norme.

Mais la réalité est bien plus nuancée. Selon plusieurs témoignages recueillis par Public, ces tests ne sont souvent qu’une formalité.

« La production fixe un rendez-vous avec un psy. La plupart du temps, c’est un appel téléphonique qui dure entre 10 et 30 minutes », confie une ancienne candidate sous couvert d’anonymat.

Elle poursuit : « On nous pose des questions très générales sur notre vie. Il suffit de dire que tout va bien et de se montrer un peu enthousiaste. Personne ne peut vérifier si l’on ment ou non. »

Ce système montre rapidement ses limites. Certains candidats, déjà fragilisés par des expériences de vie douloureuses, passent ces tests sans difficulté en masquant leur mal-être. D’autres, parfois considérés comme instables par leurs proches, réussissent à convaincre les psychologues en quelques phrases.

Un ancien candidat de Secret Story témoigne avoir passé deux tests, l’un basé sur des questions, l’autre sur des images à interpréter. « S’ils ont un doute, vous êtes recalé. Mais franchement, je n’ai jamais vu quelqu’un être refusé pour ça », dit-il.Permets-moi d'être surpris", Jeremstar, ce détail chez Marianne qui l'a  vraiment choqué au moment de leur rencontre - Public

Un après souvent chaotique

Le plus inquiétant reste l’accompagnement après l’émission. Car si la lumière des projecteurs attire au départ, beaucoup de candidats se retrouvent ensuite seuls, confrontés à la violence des réseaux sociaux, à la chute brutale de notoriété ou à la désillusion.

« Ceux qui n’ont pas les épaules tombent dans des addictions, ou replongent dans de vieux démons », explique encore notre source anonyme. « Beaucoup font face à une mini-dépression après l’émission. Le retour à la vraie vie est brutal. »

Pire, certaines productions seraient prêtes à fermer les yeux sur les signaux d’alerte psychologiques, tant que le candidat est prometteur pour l’audience.

« Quand un profil est jugé “bon pour le show”, certains producteurs ignorent volontairement les résultats des tests. C’est déjà arrivé », affirme un ancien membre du milieu, aujourd’hui retiré du circuit.

Des précédents dramatiques

L’histoire de la télé-réalité française est déjà marquée par des drames liés à la santé mentale. Le cas de Loana, révélée en 2000 dans Loft Story, est emblématique : gloire soudaine, descente aux enfers, hospitalisations à répétition. Une trajectoire tragique que le grand public a suivie en temps réel.

Encore plus poignant, le cas de François-Xavier, alias FX, candidat de la troisième saison de Secret Story, retrouvé mort après s’être jeté sous une voiture en 2011. Il n’avait que 22 ans.

Ces événements auraient pu servir de leçon. Pourtant, plus de dix ans plus tard, rien ne semble avoir vraiment changé.J'ai vraiment juste envie de mourir" : Marianne à bout depuis sa sortie de "Secret  Story", son appel à l'aide face au harcèlement - Public

La télé-réalité face à ses responsabilités

Aujourd’hui, la santé mentale est devenue un enjeu majeur dans la société. Pourtant, dans le monde de la télé-réalité, elle reste souvent reléguée au second plan, derrière les impératifs de buzz et d’audience.

Les réseaux sociaux, qui accompagnent désormais chaque émission, démultiplient l’impact psychologique sur les candidats. L’hostilité, les insultes et les menaces reçues en ligne deviennent parfois ingérables, surtout pour des personnalités déjà vulnérables.

Il est donc temps que les productions prennent leurs responsabilités. Cela passe par des tests psychologiques plus rigoureux, menés en face à face par des professionnels formés à détecter les troubles cachés. Mais aussi par un suivi post-émission réel et encadré, afin de préparer les candidats à un retour à la vie ordinaire souvent difficile.

Car au-delà du divertissement, ce sont des vies qui sont en jeu.


Conclusion : Le cas de Marianne est loin d’être isolé. Il rappelle que derrière les paillettes de la télé-réalité se cachent parfois des blessures profondes. Le public commence à ouvrir les yeux. Il est urgent que les producteurs en fassent autant.

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