Année difficile pour Cathy, candidate de la saison 15 de L’amour est dans le pré. En avril dernier, elle faisait part de ses inquiétudes suite au gel qui avait frappé ses vignes. Aujourd’hui, c’est le mildiou, maladie redoutée par tous les viticulteurs, qui vient de réduire à néant un an de travail. Dans une vidéo publiée mercredi 24 juillet, elle expliquait la situation causée par une vigne abandonnée à côté de ses parcelles.

Cathy, la Girondine de "L'Amour est dans le pré" : "J'ai compris que j'avais

Aujourd’hui, elle a accepté de répondre aux questions de Télé-Loisirs pour faire un point sur la situation. Malgré sa situation extrêmement difficile, l’agricultrice veut, coûte que coûte se battre et garder le moral… Même si cela n’est pas facile tous les jours.

Cette année c’est trop tard” : Le coup de gueule de Cathy après la perte de la plus grande partie de ses vignes

Télé-Loisirs : Où en est la situation ?
Cathy : 
Il y a trois semaines, j’avais déjà perdu presque la moitié de la récolte sur cette parcelle. Donc, j’ai retraité mes vignes afin de maintenir le reste. Je n’aime pas ça : je ne suis pas bio, mais presque bio. En plus ça coûte super cher. Je ne peux pas faire cela toutes les semaines parce qu’un voisin ne s’occupe pas de ses vignes. Le problème est que le mildiou est une maladie qui se met sur la feuille ou sur le raisin.

 

Ça fait comme un petit champignon et ça sporule. C’est-à-dire que ça fait des petits cocons et ces petites bulles qui, avec le vent, s’échappent. Dès que ça se pose, ça te bousille tout le reste et ça va très vite.

Avez-vous déjà connu une telle situation ?
J’ai deux cépages, du merlot et du cabernet sauvignon, et le premier est très sensible au mildiou. Sur mes parcelles de 3 hectares qui ne sont pas à côté des siennes, j’arrive à avoir encore 70 % de la récolte, ce qui est bien. Les autres, c’est 100 % de la parcelle bouffée par le mildiou. J’ai déjà connu une telle situation en 2016, j’avais pu mettre de l’engrais foliaire et j’en avais sauvé une grosse partie. Cette année c’est trop tard.

C’était important pour vous de faire cette vidéo ?
Au bout d’un moment, j’en peux plus, je suis obligée de le dire pour me soulager. Tout le monde se tait. La problématique de notre métier, c’est qu’on ne dit jamais rien, et c’est comme ça qu’arrivent des drames et des suicides. On se tait trop et j’ai vécu le suicide de mon père, je suis assez bien placée pour en parler. Il faut se libérer de cette pression qu’on a tous les jours sur les épaules et il ne faut pas hésiter à le dire. Au bout d’un moment, il y en a marre de subir tout le temps. On subit tous les jours.

L'amour est dans le pré : Le speed dating de Cathy - Vidéo Dailymotion

Y a-t-il des choses à mettre en place pour pouvoir justement briser un peu cette forme de tabou ?
Nous, agriculteurs, sommes tellement fiers de notre travail pour les Français que cette fierté prend le dessus quand il y a un problème. Nous nous renfermons trop sur nous-mêmes. Je ne le cache pas, il m’arrive de pleurer le soir, quand je suis seule à la maison en fin de journée lorsque j’ai des coups durs.

 

Heureusement, j’ai été bien soignée après la mort de mon père, mais lorsqu’il m’arrive quelque chose comme ce que je subis en ce moment, ça revient. Nos vies sont plus importantes que le matériel. La MSA (Mutuelle sociale agricole, ndlr) propose une cellule psychologique, qui peut encore s’améliorer, mais qui a le mérite d’exister… Mais peu de gens le savent.

Certains agriculteurs peuvent bénéficier du RSA, mais personne ne le sait, comme les solutions pour que des agriculteurs qui touchent moins de 1 000 euros par mois puissent prendre une semaine de congés ou encore sur les services de remplacements qui existent pour nos collègues épuisés. Il faut faire connaître ces possibilités.

Ça va être un travail de Titan” : Comment Cathy, ancienne candidate de L’amour est dans le pré, compte sauver ce qu’il reste

Quels sont vos recours actuellement ?
Je n’en ai pas. Je ne peux éventuellement faire un recours à l’amiable, s’ils veulent bien me dédommager. Donc je vais contacter un huissier de justice pour constater les dégâts. Il me fera un rapport et j’aurai toujours cette preuve. J’ai demandé une réponse sous quinzaine au propriétaire des vignes qui est solvable. Sans réponse de sa part d’ici quinze jours, je n’hésiterai pas à divulguer son nom, parce que je ne veux pas laisser passer ça.

Vous allez faire les vendanges sur vos 70 % restants sur votre parcelle de 3 hectares ?
Je pense que je vais les faire manuellement. Il va falloir trier le raisin. Si je veux faire quelque chose de qualité, il va falloir que je trie manuellement : ça va être un travail de Titan. Il va falloir que je trouve du monde pour venir m’aider.

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Avez-vous vu un petit élan de solidarité suite à votre message ?
Beaucoup de personnes me demandent comment ils peuvent m’aider : en m’achetant du vin car je ne veux pas faire de cagnotte en ligne. Plus généralement, il est important de redire aux gens qu’il faut se rapprocher de ses viticulteurs locaux, mais plus globalement, des agriculteurs à proximité de chez soi. On a tous des difficultés différentes…

Donc la colère de janvier est plutôt sourde en ce moment…
Tout le monde est au boulot. On ne peut pas laisser nos cultures à l’abandon et donc on ne peut pas être en manif. C’est pour ça que les manifestations, sont toujours entre novembre et février. Il va y avoir quelque chose : de toute façon, au mois de novembre, les actions vont reprendre… et de plus belle.

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Où en est la vente de votre propriété ?
Je n’ai pas eu d’offre pour le moment. Tant que ce n’est pas vendu, je me dois de l’entretenir, je me dois de récolter, de satisfaire mes clients.